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Pour ses 78 ans, Michel Polnareff a eu envie d'ouvrir la malle à souvenirs. Depuis le 1er juin, une grande exposition « immersive » intitulée "Polnarêves" est présentée au Palace à Paris pour retracer la carrière d'un artiste qui n'a jamais cessé de se réinventer au fil des décennies, quitte à dérouter ou provoquer. Polnareff lui-même en a supervisé la conception, avec une mise en scène signée Marc Benaïch. « Je suis vraiment excité par ce projet. Moi qui aime faire des choses différentes, je prépare la première expérience immersive d'un artiste vivant. Cela me fait plaisir d'être un peu pionnier dans ce qu'on appelle le monde d'après. Mon public me manque, Paris me manque. On va apporter de la couleur dans un monde un peu gris. On va se venger des libertés qui nous ont été enlevées sous des prétextes plus ou moins compréhensibles » confiait avec son franc-parler habituel l'Amiral dans les colonnes du Parisien.
"Michel Polnareff s'autorise de vraies audaces pianistiques"
Cette exposition devrait à l'origine être enrichie par des concerts donnés en duplex depuis la résidence américaine du chanteur. « J'accueillerai le public chez moi, je jouerai pour eux en direct, avec une grande interaction. C'est une première mondiale. Et une solution quelle que soit la situation médicalo-pharmatico-politico-financière qui sera en vigueur » expliquait-il avec enthousiasme. Sauf que « des raisons techniques indépendantes » sont venues compliquer la mise en place de ces soirées musicales, reportées à une date ultérieure. Un délai qui laissera aux fans le temps de revisiter leurs classiques avec l'album "Polnareff chante Polnareff", dont la sortie est prévue le 18 novembre. Le chanteur aux lunettes blanches s'y réappropriera ses morceaux les plus emblématiques, de son premier succès "Love Me, Please Love Me" à "Goodbye Marylou" en passant par "La poupée qui fait non" et "On ira tous au paradis", dans des versions intimistes au piano, sans fioriture. « Michel Polnareff s'autorise de vraies audaces pianistiques et vocales d'une incroyable modernité » atteste le label Parlophone.
Premier extrait dévoilé ? Le mythique "Lettre à France", ballade de 1977 conçue alors que Michel Polnareff était exilé à New York pour des démêlés avec le fisc français. « Depuis que je suis loin de toi / Je suis comme loin de moi / Et je pense à toi tout bas / Tu es à neuf heures de moi / Je suis à des années de toi / C'est ça être là-bas » y chante l'artiste sur quelques notes de piano, en plein mal de son pays, en couchant sa peine et son amour sur papier. Cette nouvelle mouture ne diffère pas tellement du titre original, puisqu'elle repose essentiellement sur l'interprétation passionnelle de Michel Polnareff, qui nous convie dans sa villa de Palm Spring pour le clip. Sous un soleil de plomb, ses costumes étincelants tranchent avec les paysages désertiques qui l'entourent mais le chanteur a trouvé la parade pour ne plus se sentir seul : il se dédouble !
Tracklist de l'album "Polnareff chante Polnareff"
01. Le bal des Laze
02. Lettre à France
03. Qui a tué grand'maman ?
04. Sous quelle étoile suis-je né
05. Holidays
06. Tout, tout pour ma chérie
07. Âme câline
08. Goodbye Marylou
09. Love Me, Please Love Me
10. La poupée qui fait non
11. Mes regrets
12. On ira tous au paradis