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« Si vous voulez m'entendre chanter "sodomite" dans une église c'est en swipe ». Cette phrase, écrite par Eddy de Pretto le 17 juin 2021 à l'occasion d'une performance dans l'église Saint-Eustache à Paris, a généré un torrent de haine à caractère homophobe envers le chanteur. L'interprète de "Freaks" a reçu « jusqu'à 3.000 messages de menaces de mort » et a dû s'attacher les services d'un garde du corps par peur qu'un déséquilibré passe à l'acte. « On a dit qu'on allait m'immoler, me tuer, me décapiter, qu'on allait me retrouver en bas de chez moi, lors de mes séances de dédicaces à la Fnac. (...) J'ai eu énormément de troubles du sommeil, une crainte forte, des sentiments dépressifs. Je n'arrivais pas à croire cette violence » a-t-il raconté durant le procès qui s'est tenu au mois d'octobre, après le dépôt d'une plainte ayant déclenché l'ouverture d'une enquête par le pôle national de lutte contre la haine en ligne (PLNH) du parquet de Paris.
"Nous sommes sur la bonne voie"
Âgés de 19 à 26 ans, 17 prévenus se sont défendus à la barre en invoquant des prétextes religieux, alors qu'Eddy de Pretto a reçu le soutien du prêtre de l'église de Saint-Eustache dans cette affaire judiciaire. La procureure, elle, avait qualifié leurs messages « d'abus à la liberté d’expression » » en rappelant que le « blasphème et les atteintes à la religion ne sont pas réprimés par le droit ». Le verdict est finalement tombé ce lundi 12 décembre : 11 personnes jugées ont écopé de trois à six mois de prison avec sursis, tandis que 6 prévenus ont été relaxés. Une victoire satisfaisante pour le camp d'Eddy de Pretto. « Le tribunal rappelle qu'on ne peut pas impunément se livrer au lynchage numérique d'une personne dont les engagements publics, l'orientation sexuelle ou la personnalité ont eu le malheur de heurter certains extrémistes » a commenté l'un de ses avocats, Me Martin Lémery, en espérant que ce dénouement soit « une nouvelle pierre à l'édifice jurisprudentielle dans la lutte contre les discriminations et le harcèlement de meute sur internet ».
Auj c'est une ferme décision qu'a rendue la justice fr. Pour mon préjudice personnel d'une part mais aussi contre le cyber-harcèlement, et toutes les formes de discriminations sur les RS. Il nous reste encore beaucoup de chemin à parcourir mais nous sommes sur la bonne voie 💛
— Eddy de Pretto (@eddydepretto) December 12, 2022
Eddy de Pretto a pour sa part pris la parole via son compte Twitter officiel. « Aujourd'hui, c'est une ferme décision qu'a rendue la justice française. Pour mon préjudice personnel d'une part, mais aussi contre le cyberharcèlement, et toutes les formes de discrimination sur les réseaux sociaux » s'est félicité l'artiste de 29 ans sur le réseau social, en soulignant qu'il « nous reste encore beaucoup de chemin à parcourir ». « Nous sommes sur la bonne voie » a conclu le musicien avec soulagement.