
On réduit bien trop souvent ce que l'on appelle la "crise du disque" à la baisse continuelle et toujours plus forte des ventes d'albums. Un bilan sur plusieurs années qui se vérifie en France mais également dans le reste du monde. Seulement, le véritable problème concerne la nouvelle conception de l’œuvre par le public. Lorsque l'on ne paye pas un titre, ou même un album, ce sont les auteurs et le circuit de distribution qui ne sont plus rétribués. Autrement dit, le téléchargement illégal pose le problème de la commercialisation d'une œuvre, mais aussi de la conception d'un morceau, consommé à outrance avant d'être jeté. Les offres en téléchargement légal sont bien moins intéressantes, et le public, pour lequel l’œuvre devient virtuelle, préfère télécharger illégalement puisque la musique reste la même, et devient disponible à moindre coût. Le gouvernent a bien tenté de mettre fin au téléchargement illégal en légiférant. Mais trop tard : la loi Hadopi de 2009 n'y changera rien.
Ce sondage ne fera qu'attiser les revendications des Majors qui voient dans le streaming une perte de profit très importante, d'autant plus que l'ère du numérique est l'avenir de la musique. Ainsi Universal a contraint Spotify et Deezer à limiter les temps d'écoute sur leur site. Sur le premier, ce n'est plus 20 mais seulement 10 heures d'écoute dans le mois qui sont autorisées, d'autant qu'un titre ne peut plus être joué plus de 5 fois. Si Deezer n'a pas encore limité le nombre d'écoutes d'un titre, ce sont seulement 5 heures par mois de l'ensemble du catalogue qu'il est désormais possible d'écouter. Des ajustements insuffisants pour Universal qui attaque la plateforme française en justice, officiellement pour des droits d'auteurs. Néanmoins, nombreux sont les artistes à se satisfaire du streaming : sans ces plateformes, leurs chansons n'auraient jamais été diffusées et écoutées car l'internaute n'aurait pas pris le risque de l'acheter. Enfin, les grands gagnants du streaming sont bien évidemment YouTube et Dailymotion, qui ont encore de beaux jours devant eux.
