1992 - 2011. Crédits photos : DR / ABACA. Montage Pure Charts
Claude M'Barali aka MC Solaar, est l'un des premiers à avoir réussi à populariser le rap en France en le faisant découvrir au grand public, notamment grâce à ses textes nettement moins violents que ceux de ses confrères, de NTM à Assassin. Car l'inspiration de Claude MC n'est pas la cité, mais plutôt Leonard Cohen ou Serge Gainsbourg (auquel il rend hommage en samplant "Bonnie & Clyde" sur l'album "Prose combat"), les musiques africaines ou les classiques noirs américains de jazz. Dans la catégorie rap français, il est l'un des plus gros vendeurs de disques, avec plus de 5 millions de passages en caisse à ce jour. Tout commence au début des années 90, après des études de philosophie et plusieurs clips réalisés par "RapLine" et diffusés dans l'émission (dont "Quartier Nord"), le jeune homme dévoile "Bouge de là" (un single basé sur un sample de "The Message" du groupe Cymande datant de 1973). MC Solaar l'interprète pour la première fois dans l'émission de Christophe Dechavanne, "Ciel, mon mardi !" et le phénomène est lancé. Un single phare dans sa carrière (Top 22 en 1991), une référence encore aujourd'hui, de par son flow, son humour, et surtout premier tube de rap français.
Visionnez le clip de MC Solaar, "Bouge de là" (1991) :
Visionnez le clip de MC Solaar, "Caroline" (1992) :
MC Solaar retourne en studio en 1994 pour enregistrer la suite, le successeur de "Qui sème le vent récolte le tempo" : "Prose combat". L'opus se vendra à 100 000 exemplaires dès les dix premiers jours de sa sortie en France. Il devient aussi une des meilleures ventes dans vingt autres pays, porté par les tubes "Nouveau western" (Top 4 en 1994), "Séquelles" (Top 19 en 1994) et "Obsolète" (Top 29 en 1994). Le jeune homme est élu "Artiste masculin de l'année" aux Victoires de la Musique.
Tout bascule-t-il en 1997 ?
En 1997, MC Solaar devenu une référence, est appelé à participer au concert des Enfoirés. Parallèlement, il fait la Une des magazines people de l'époque, suite à son idylle avec... Ophélie Winter. « Maintenant ça va mieux, mais avant, les attachés de presse me disaient ce qu'il fallait dire, et moi je me demandais à quoi tout ça servait. J'observais la situation, et je me disais : “Qu'est-ce que je fous là ?”. Il m'arrivait de dire oui à des trucs, mais il y avait une voix au fond de moi qui me disait : “Laisse, laisse...”. Mais Les Enfoirés c'est un moment essentiel pour moi. Je vois que tout n'est pas noir. Il y a plein d'êtres humains qui se croisent, c'est super... ». Nous sommes à la fin des années 90, et MC Solaar a une discussion avec son patron, Pascal Nègre, PDG d'Universal Music France. L'auteur est en pleine panne d'inspiration. Pascal Nègre lui fait deux propositions : une avance sur royalties et une renégociation à la hausse de son contrat. Rien n'y fait, les deux hommes s'embrouillent, et MC Solaar impose la sortie consécutive de trois disques, pour casser son contrat. Sortiront dans la foulée "Paradisiaque" (1997), "MC Solaar" (1998) et le live "Le tour de la question" (1998). Pourtant, en 2001, sans Universal mais distribué par Warner, son album "Cinquième as" est (là encore) acclamé par la critique (et s'écoule à 600 000 copies). "Solaar pleure" et "Hasta la vista" se classeront tous deux (et pour la première fois) n°1 en France.
Visionnez le clip de MC Solaar, "Solaar pleure" (2001) :
Peu après, un procès est lancé par l'artiste envers son ancien label, les accusant d'avoir violé sa signature en ne publiant pas le second disque dans les trois mois suivants la remise des bandes.
Visionnez le clip de MC Solaar, "Le rabbi muffin" (2008) :
Un nouvel album en 2012 ?
« Ça fait quelques années que je n'ai pas fait de musique, je crois que je commence à vraiment aimer (rires). A chaque fois, je laisse passer le temps... je remets toujours à plus tard... Là, je me suis organisé. Je fais des audits : J'écoute des trucs, j'écris... Cet album n'est pas prévu pour 2011, mais ce sera à peu près l'équipe de "Cinquième as" » conclut-il au magazine "Serge". A suivre...
Crédits photo : ABACA